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Le guide assurance et rachat d’entreprise

Cession d’entreprise : que deviennent les contrats d’assurance ?

Le transfert de plein droit, ses délais et la différence décisive entre cession de fonds et cession de parts.

Par Yanise, COO & Co-fondateur · Zeneli Courtage, ORIAS n°25007203 · relu le 17 août 2026

Saviez-vous que lors d'une transmission de fonds de commerce, vos contrats d'assurance de dommages sont transférés de plein droit au nouveau propriétaire sans qu'aucune formalité initiale ne soit requise ?

Pourtant, cette continuité légale peut devenir une source de litiges financiers si vous ne maîtrisez pas les délais de résiliation ou les exceptions liées aux véhicules et aux personnes. Nous allons examiner ensemble comment sécuriser votre cession entreprise contrats assurance afin de protéger vos intérêts et d'optimiser la couverture des risques dès la signature de l'acte.

Le transfert automatique des contrats d'assurance lors d'une cession d'entreprise

L'article L121-10 du Code des assurances impose la continuation de plein droit des contrats de dommages lors d'une aliénation, l'acquéreur succédant aux obligations du cédant dès le transfert de propriété.

Cette transmission automatique repose sur un cadre législatif strict dont les modalités d'application définissent la sécurité juridique de votre reprise.

Le principe de continuation de plein droit selon l'article L121-10

Le premier alinéa de l'article L121-10 dispose que l'assurance continue de plein droit au profit de l'acquéreur en cas d'aliénation de la chose assurée, ce mécanisme garantissant un transfert automatique et immédiat du contrat vers le nouvel acquéreur du bien.

Vous devez toutefois assumer l'exécution de toutes les obligations dont le cédant était tenu, ce qui inclut le règlement des primes à échoir. En devenant le nouvel interlocuteur de l'assureur, vous assurez la continuité nécessaire à la protection de l'activité.

Ce transfert légal prend effet dès la cession des actifs, et aucune démarche préalable auprès de la compagnie n'est requise pour que cette substitution de plein droit s'opère.

Les garanties de dommages incluses dans le transfert du fonds

Les polices couvrant les actifs, comme la multirisque professionnelle, sont transmises pour protéger l'outil de travail. Les garanties relatives aux pertes d'exploitation sont également maintenues afin de sécuriser la rentabilité future de votre structure.

La Cour de cassation a confirmé, par un arrêt du 24 octobre 2019, que ce dispositif ne distingue pas selon la nature mobilière ou immobilière, corporelle ou incorporelle du bien. Le fonds de commerce conserve ainsi une couverture intégrale tant que les contrats attachés aux biens cédés se poursuivent.

Type de garantieTransférable via L121-10Point de vigilance
Multirisque locauxOuiLié directement aux murs et au contenu du fonds.
Pertes d'exploitationOuiProtège la marge brute suite à un sinistre matériel.
Responsabilité CivileOuiCouvre les dommages causés aux tiers par l'exploitation.
Flotte automobileNonRégie par l'article L121-11 (suspension de plein droit).

Il est utile de consulter les modalités de transfert des éléments incorporels pour bien distinguer les actifs concernés par cette continuité légale.

La solidarité des acquéreurs face au paiement des primes

L'alinéa 4 de l'article précise qu'en présence de plusieurs repreneurs et lorsque l'assurance continue, une solidarité s'installe pour le règlement des sommes dues. L'assureur a ainsi la faculté de réclamer l'intégralité de la prime à n'importe quel acquéreur.

Votre responsabilité financière devient commune, transformant le coût de l'assurance en une dette solidaire entre les repreneurs. Cette règle protège les fonds de la compagnie en multipliant les débiteurs potentiels pour une même police.

Pour prévenir tout désaccord, vous devriez intégrer une répartition contractuelle précise dans votre acte de cession définitif. Définir les quotes-parts de chacun permet d'éviter les litiges une fois la transaction finalisée entre les parties.

Pourquoi la nature de la transaction change vos obligations d'assurance

La distinction entre la vente d'actifs et la cession de titres sociaux s'avère fondamentale pour déterminer si vos contrats basculent automatiquement ou non. Cette différence de structure juridique dicte en réalité le sort de votre couverture et vos futures démarches auprès des assureurs.

La nouvelle propriétaire d'un magasin de vélos rit avec une cliente en réglant une selle.
Fonds de commerce ou parts sociales : selon ce que vous achetez, les contrats se transfèrent avec l'activité ou restent au nom de la société.Image de synthèse.

La cession de fonds de commerce comme aliénation du bien assuré

La vente d'actifs constitue une aliénation au sens du Code des assurances, le contrat demeurant lié à l'objet assuré plutôt qu'au propriétaire. Ainsi, la garantie se transmet mécaniquement au repreneur lors du transfert de propriété.

Ce mécanisme d'aliénation même en procédure collective assure une continuité nécessaire de la protection, puisque le repreneur succède aux droits et obligations de l'ancien assuré. Cette transmission opère de plein droit dès la cession effective des éléments du fonds.

Cette règle présente un caractère impératif : il est impossible d'y déroger par une simple clause contractuelle, la loi protégeant ainsi la pérennité de la couverture pour sécuriser l'activité reprise.

Le maintien des polices lors d'un rachat de titres sociaux

Lors d'un rachat de parts, aucune aliénation de la chose assurée n'est constatée puisque seul le capital change de mains entre les associés, la société demeurant propriétaire de ses biens et titulaire de ses contrats initiaux.

La permanence de la personnalité morale garantit la stabilité des engagements souscrits, l'entité juridique ne subissant aucune modification dans son existence propre. Les polices continuent donc leur cours sans qu'un transfert formel ne soit nécessaire, et l'article L121-10 n'ouvre ici aucune faculté de résiliation spéciale : le changement d'assureur passe par les voies ordinaires, résiliation à l'échéance avec un préavis de deux mois ou résiliation infra-annuelle lorsqu'elle s'applique.

Toutefois, restez vigilants face aux clauses de changement de contrôle insérées dans certains contrats, car ces dispositions imposent souvent une déclaration préalable à l'assureur. Un défaut d'information pourrait entraîner une résiliation unilatérale de votre couverture, l'article L113-2 obligeant par ailleurs à déclarer les circonstances nouvelles qui modifient l'appréciation du risque.

Les 3 règles de résiliation et de délais légaux qui protègent votre reprise

Si le transfert des polices est automatique lors de la transmission des actifs, la loi prévoit néanmoins des soupapes de sécurité permettant à chaque partie de se désengager sans pénalité. Voici comment naviguer entre vos droits et les prérogatives de la compagnie d'assurance.

La faculté de résiliation sans indemnité pour l'acquéreur

Vous disposez de la liberté de résilier le contrat d'assurance qui vous a été transféré lors de la cession, droit que vous tenez de l'alinéa 2 de l'article L121-10 du Code des assurances.

La législation n'impose aucun délai strict ni forme particulière à l'acquéreur pour exercer cette rupture, si bien que vous conservez la pleine maîtrise de votre stratégie de couverture dès la reprise de l'entreprise.

L'assureur ne peut exiger aucune indemnité financière en cas de résiliation, l'alinéa 5 interdisant toute indemnité stipulée à son profit dans ce cadre. Cette protection sécurise votre budget et vous permet de mettre les contrats en concurrence sans frais supplémentaires.

Le délai de forclusion de trois mois accordé à l'assureur

Le délai de réflexion de l'assureur débute précisément le jour où l'attributaire définitif demande le transfert de la police à son nom, la compagnie disposant alors d'une période de trois mois pour se prononcer.

Si l'assureur garde le silence au-delà de ce terme, il se trouve forclos et, en pratique, son accord est considéré comme acquis : le transfert du contrat devient définitif et la relation contractuelle se poursuit sous les mêmes conditions.

Passé ce délai de trois mois, l'assureur perd son droit spécial de résiliation lié à l'aliénation de la chose assurée et devra attendre l'échéance annuelle pour rompre le contrat, ce qui garantit votre stabilité.

Le remboursement de la portion de prime non courue

Le montant de la prime doit correspondre au risque réellement couvert par la compagnie, de sorte que le trop-perçu revient au payeur lorsque le contrat prend fin prématurément.

La portion de prime non courue n'est, en principe, pas acquise à l'assureur, lequel est tenu de rembourser cette somme au payeur légitime après la clôture du contrat. Ce principe relève du droit commun des contrats plutôt que de l'article L121-10, qui se borne à interdire toute indemnité au profit de l'assureur.

Le calcul de ces montants peut s'avérer complexe selon les dates de cession et de résiliation, aussi votre courtier Zeneli ou votre avocat vous accompagnera-t-il pour sécuriser ces remboursements lors de votre installation.

Comment sécuriser la transition et informer officiellement votre assureur

La validité du transfert repose sur une communication rigoureuse entre les parties, car cette étape prévient toute rupture de garantie préjudiciable. Le respect des formalités garantit ainsi que la protection de l'entreprise perdure sans interruption malgré le changement de main.

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Lila, CEO et fondatrice de ZeneliYanise, COO et co-fondateur de Zeneli

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La notification de l'aliénation par le cédant sur support durable

Vous pouvez désormais utiliser tout support durable pour informer votre assureur, conformément à l'article L113-14 : l'email ou le courrier simple sont admis depuis le 1er décembre 2020, ce qui allège vos démarches administratives.

Cette notification officielle vous libère des primes à échoir, y compris comme garant, tandis que les primes déjà échues avant la vente restent à votre charge.

Toutefois, la lettre recommandée reste la voie probatoire la plus sûre devant une juridiction, puisqu'elle évite les contestations sur la date d'envoi exacte. Protégez-vous avec cet outil pour sécuriser votre dossier.

La demande de transfert de police par l'attributaire définitif

En tant que repreneur, vous devez réclamer le transfert de la police à votre nom, acte qui officialise votre statut d'assuré auprès de la compagnie.

Cette démarche déclenche le compte à rebours de trois mois imparti à l'assureur ; sans elle, ce délai de forclusion ne court pas, de sorte que vous gardez la maîtrise du calendrier juridique de la transition.

Un défaut d'information n'empêche pas la continuation de plein droit du contrat, mais il peut compliquer le règlement en cas de sinistre, faute d'interlocuteur clairement identifié chez l'assureur. Agissez dès la signature définitive pour lever cette ambiguïté.

Réussir l'audit des risques avant la signature du protocole d'accord

Aborder la question « Cession d'entreprise : que deviennent les contrats d'assurance ? » nécessite une préparation rigoureuse dès la phase de due diligence, car cet audit permet de sécuriser la transaction tout en identifiant d'éventuels passifs cachés.

L'analyse de la sinistralité passée et son impact sur les tarifs

Étudiez scrupuleusement le relevé d'informations de la société cible en examinant l'historique de sinistralité mis à disposition, puisque ce document reflète fidèlement la qualité de la gestion du cédant.

Un historique de sinistres chargé pèse sur la tarification et se traduit souvent par une hausse de vos futures primes, l'assureur ajustant ses conditions en fonction du risque réel constaté. Anticipez ces coûts supplémentaires dans votre plan de reprise.

Utilisez ces données factuelles pour négocier une baisse du prix de vente, une mauvaise sinistralité représentant une charge financière durable pour le repreneur.

L'harmonisation des garanties avec les nouveaux besoins du repreneur

Votre projet de reprise peut diverger sensiblement de l'ancienne activité exercée, aussi convient-il d'identifier les écarts de couverture en vérifiant la pertinence des garanties actuelles. Assurez-vous que les plafonds de remboursement demeurent suffisants.

Une nouvelle direction modifie fréquemment la nature du risque assuré, et l'assureur doit être informé de ces évolutions opérationnelles pour maintenir la validité du contrat. La transparence est ici votre meilleure protection.

Insérez des clauses de garantie de passif spécifiques au sein du protocole d'accord et prévoyez contractuellement la gestion des sinistres dont le fait générateur est antérieur à la vente. C'est une sécurité juridique absolument nécessaire, dont la rédaction revient à votre avocat.

Les cas particuliers exclus du mécanisme de transfert automatique

Bien que la continuité soit la règle, certains actifs obéissent à des logiques juridiques distinctes qu'il vous faut anticiper.

Le régime spécifique des véhicules terrestres à moteur

L'article L121-11 prévoit une règle distincte pour vos automobiles professionnelles : le contrat est suspendu de plein droit dès le lendemain de la vente, sans transfert automatique au profit du repreneur.

La résiliation reste possible moyennant un préavis de dix jours et, à défaut de démarche, celui-ci s'éteindra de lui-même après six mois. Cette procédure intervient sans que l'assureur ne puisse réclamer la moindre indemnité de résiliation.

Soyez vigilants concernant vos flottes lors de la transaction, ces actifs nécessitant une nouvelle police souscrite par le repreneur. Ne laissez pas les véhicules sans couverture, car votre responsabilité pénale est en jeu.

Le sort des assurances de personnes et de la prévoyance collective

L'assurance homme-clé n'est pas attachée à la chose cédée et ne se transmet donc pas avec le fonds, ce qui justifie son exclusion du mécanisme L121-10. Ce contrat intuitu personae reste entre les mains de son souscripteur d'origine, dont il suit les propres conditions.

Les salariés transférés conservent toutefois un droit à couverture santé collective chez leur nouvel employeur, en application de l'article L911-7 du Code de la sécurité sociale. Lorsque le régime repose sur un accord collectif mis en cause, celui-ci survit en pratique jusqu'à quinze mois, soit trois mois de préavis puis douze mois, sauf clause plus favorable.

Prévoyez cette transition dans vos budgets RH et consultez un expert. Voici les contrats exclus du transfert :

  • Assurance vie du dirigeant
  • Contrat Homme-clé
  • Flotte automobile (L121-11)
  • Prévoyance individuelle

La transmission automatique prévue par l'article L121-10 garantit la pérennité de votre couverture, car les polices de dommages suivent le fonds cédé sans aucune interruption. Il revient ensuite au cédant d'informer l'assureur de l'aliénation, par lettre ou tout autre support durable, et au repreneur de demander le transfert de la police avant d'ajuster ses garanties ou d'exercer son droit de résiliation. Une gestion rigoureuse de votre cession entreprise contrats assurance sécurise ainsi votre avenir professionnel.

Pour les contrats d'une entreprise reprise, nos conseillers étudient les contrats d'Entoria, de SPVIE, de Malakoff Humanis, de Hiscox et d'Assurmax, présentés page par page avec ce que nous y regardons.

Vos questions sur le sujet

Est-ce que les contrats d'assurance sont transférés automatiquement lors du rachat d'un fonds de commerce ?

Lorsqu'une cession de fonds de commerce intervient, le principe de la continuation de plein droit s'applique en vertu de l'article L121-10 du Code des assurances. Cela signifie que les polices d'assurance de dommages, telles que la multirisque professionnelle ou la garantie perte d'exploitation, suivent le bien assuré et passent entre les mains du nouvel acquéreur sans aucune interruption de garantie.

Quelles sont les polices d'assurance qui ne sont pas concernées par ce transfert légal ?

Le mécanisme de transfert automatique ne s'étend pas à toutes les couvertures, car certaines garanties sont trop liées à la personne du dirigeant ou obéissent à un régime propre. Ainsi, les contrats attachés à la personne, comme la prévoyance ou l'assurance homme-clé, ne suivent pas la chose cédée, tandis que les véhicules terrestres à moteur sont expressément exclus par l'alinéa 6 de l'article L121-10.

Un assureur a-t-il le droit de résilier le contrat suite au changement de propriétaire ?

L'assureur dispose effectivement d'une faculté de résiliation, que le texte n'assortit d'aucune condition de motif. Ce droit s'exerce dans un délai de trois mois à compter du jour où l'attributaire définitif a demandé le transfert de la police à son nom, et non à compter de la date de la vente elle-même.

Comment l'acquéreur peut-il mettre fin aux contrats d'assurance repris lors de la cession ?

En tant que nouvel acquéreur, vous disposez d'une protection juridique vous permettant de résilier les contrats d'assurance transférés si vous souhaitez faire jouer la concurrence ou harmoniser vos garanties. Le texte n'impose ici ni délai ni forme particulière, une notification par lettre ou par tout autre support durable suffisant à exprimer votre décision.

Quelle est la procédure à suivre pour informer officiellement la compagnie d'assurance ?

La responsabilité d'informer l'assureur incombe prioritairement au vendeur, lequel doit notifier l'aliénation par lettre, par tout autre support durable ou par l'un des moyens prévus à l'article L113-14 afin de se libérer de ses obligations futures. Cette notification doit préciser la date exacte de la cession et les coordonnées complètes du repreneur pour que la compagnie puisse mettre à jour ses dossiers et identifier son nouvel interlocuteur.

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